Une pelouse clairsemĂ©e ne demande pas toujours de retourner tout le jardin. Lorsque la terre reste visible entre les touffes, que des plaques brunissent aprĂšs lâĂ©tĂ© ou que les passages rĂ©pĂ©tĂ©s prĂšs de la terrasse abĂźment le couvert vĂ©gĂ©tal, un gazon de regarnissage peut suffire. Cette solution est moins lourde, moins coĂ»teuse et plus cohĂ©rente quâune rĂ©novation complĂšte, Ă condition de ne pas semer au hasard.
Le calendrier donne des repĂšres, mais la mĂ©tĂ©o dĂ©cide souvent du rĂ©sultat. Une graine a besoin dâun sol accessible, dâune tempĂ©rature suffisamment douce et dâune humiditĂ© stable pendant plusieurs semaines. Semer avant une pĂ©riode de chaleur sĂšche, une pluie violente ou un Ă©pisode froid revient Ă fragiliser les jeunes pousses dĂšs leur dĂ©part. Pour obtenir une pelouse dense, il faut donc observer le terrain, anticiper les prĂ©visions locales et adapter les gestes aux contraintes rĂ©elles du jardin.
En bref
- Le dĂ©but dâautomne, de septembre Ă mi-octobre dans de nombreuses rĂ©gions, reste la pĂ©riode la plus favorable au regarnissage.
- Le printemps peut convenir entre mi-mars et dĂ©but mai, mais impose une surveillance plus attentive de lâarrosage.
- Un sol à au moins 10 °C, idéalement entre 12 et 18 °C, favorise une levée réguliÚre.
- Les graines doivent toucher la terre : mousse, feutre et dĂ©chets de tonte doivent ĂȘtre retirĂ©s avant le semis.
- Un sursemis demande généralement 15 à 25 g de graines par mÚtre carré, sans excÚs.
- Les jeunes pousses ont besoin dâhumiditĂ©, de calme et dâune premiĂšre tonte tardive pour former un tapis durable.
Quand semer un gazon de regarnissage selon la météo
Pour regarnir une pelouse, la saison compte moins que lâassociation entre chaleur du sol et humiditĂ© disponible. Un semis rĂ©alisĂ© Ă la bonne date mais pendant une semaine sĂšche et venteuse peut Ă©chouer. Ă lâinverse, une intervention lĂ©gĂšrement dĂ©calĂ©e, juste avant plusieurs journĂ©es douces et quelques pluies modĂ©rĂ©es, donne souvent une levĂ©e plus homogĂšne.
Le meilleur crĂ©neau se situe gĂ©nĂ©ralement entre dĂ©but septembre et mi-octobre. Le terrain a accumulĂ© la chaleur de lâĂ©tĂ©. Les nuits deviennent plus fraĂźches, lâĂ©vaporation ralentit et les pluies reprennent progressivement. Les racines ont alors le temps de sâinstaller avant lâhiver, sans subir la pression dâune chaleur excessive.
Le dĂ©but dâautomne, pĂ©riode la plus fiable pour une pelouse dense
Dans la plupart des rĂ©gions françaises, septembre reprĂ©sente un compromis solide. Le sol reste tiĂšde, tandis que lâair nâest plus aussi dessĂ©chant quâen juillet ou en aoĂ»t. Une humiditĂ© rĂ©guliĂšre permet aux graines de gonfler, de germer puis de dĂ©velopper leurs premiĂšres racines sans dĂ©pendre dâarrosages intensifs.
Dans le Sud, la fenĂȘtre peut se prolonger vers la fin octobre, voire les premiers jours de novembre dans un jardin abritĂ©. Il ne faut toutefois pas se fier uniquement Ă la douceur de lâair. La terre doit rester suffisamment chaude et les prĂ©visions ne doivent pas annoncer de refroidissement brutal. Une pelouse nouvellement levĂ©e supporte mal un sol froid et dĂ©trempĂ©.
Le cas de Lucie et Thomas illustre bien cette logique. Leur jardin familial, trĂšs utilisĂ© autour de la terrasse et du portique, prĂ©sentait des zones clairsemĂ©es aprĂšs un Ă©tĂ© sec. Une tentative de juin avait Ă©chouĂ© malgrĂ© un arrosage frĂ©quent : le vent et le soleil faisaient sĂ©cher la surface trop rapidement. En attendant la premiĂšre semaine de septembre, avec des matinĂ©es fraĂźches et des averses lĂ©gĂšres, les mĂȘmes semences ont donnĂ© une repousse nettement plus rĂ©guliĂšre.
Le printemps pour rĂ©parer les dĂ©gĂąts de lâhiver
Le printemps constitue une seconde option intĂ©ressante, surtout lorsque lâhiver a laissĂ© des traces de mousse, de gel ou de piĂ©tinement. Entre mi-mars et fin avril, parfois jusquâau dĂ©but mai en altitude, la terre retrouve progressivement une tempĂ©rature compatible avec la germination. Cette pĂ©riode convient aux rĂ©parations localisĂ©es devant un portail, prĂšs dâune baie vitrĂ©e ou sur une zone tassĂ©e par les jeux.
Le risque principal vient des Ă©pisodes secs prĂ©coces. Un mois dâavril lumineux peut paraĂźtre favorable, mais quelques jours de vent chaud suffisent Ă compromettre la levĂ©e. Il est prĂ©fĂ©rable de semer aprĂšs une pluie douce, lorsque les dix Ă quinze jours suivants restent modĂ©rĂ©ment humides. Un gros orage, en revanche, peut dĂ©placer les graines, les concentrer dans les creux et crĂ©er des plaques irrĂ©guliĂšres.
| Période | Conditions favorables | Vigilance nécessaire |
|---|---|---|
| Septembre Ă mi-octobre | Sol encore chaud, rosĂ©e, retour progressif des pluies | Ăviter les pluies orageuses et les nuits trop froides |
| Mi-mars à début mai | Terrain qui se réchauffe, dégùts hivernaux visibles | Arroser réguliÚrement en cas de sécheresse printaniÚre |
| ĂtĂ© | Possible seulement avec arrosage trĂšs maĂźtrisĂ© | Chaleur, vent, Ă©vaporation et piĂ©tinement rendent le rĂ©sultat alĂ©atoire |
| Hiver | TrĂšs peu de situations favorables | Sol froid, germination lente et risque de stagnation dâeau |
Une tempĂ©rature du sol comprise entre 12 et 18 °C est particuliĂšrement adaptĂ©e. Sous 10 °C, les graines lĂšvent lentement et restent vulnĂ©rables aux maladies ou Ă lâexcĂšs dâhumiditĂ©. Au-delĂ de 20 °C, la surface sĂšche vite et demande des apports dâeau plus frĂ©quents. La mĂ©tĂ©o des trois semaines suivant le semis mĂ©rite donc autant dâattention que le choix du jour de dĂ©part.
La bonne pĂ©riode nâest pas une date fixe : câest une sĂ©quence de mĂ©tĂ©o douce, stable et compatible avec lâinstallation des racines.

Diagnostiquer une pelouse clairsemée avant de semer du gazon de regarnissage
Le regarnissage fonctionne lorsquâil rĂ©pond Ă un problĂšme identifiĂ©. Semer sur une zone abĂźmĂ©e sans comprendre pourquoi elle se dĂ©grade revient souvent Ă recommencer lâannĂ©e suivante. Une pelouse nâest pas seulement un dĂ©cor vert : elle rĂ©agit au compactage du sol, au manque de lumiĂšre, aux passages, Ă la tonte et Ă la disponibilitĂ© de lâeau.
Un sursemis est pertinent lorsque le gazon reste prĂ©sent sur la plus grande partie de la surface. Des touffes espacĂ©es, des plaques brunies par la sĂ©cheresse ou des traces dâusure devant la terrasse sont de bons candidats. En revanche, si plus de 70 % de la parcelle est nue, couverte de mousse ou envahie dâadventices, une remise Ă niveau plus complĂšte peut ĂȘtre nĂ©cessaire.
Mousse, feutre et sol compacté : ne pas confondre les symptÎmes
La mousse est souvent considĂ©rĂ©e comme lâennemi Ă Ă©liminer. En rĂ©alitĂ©, elle profite surtout dâun gazon affaibli. Elle apparaĂźt frĂ©quemment sur un sol humide, tassĂ©, acide ou trop ombragĂ©. Retirer la mousse sans corriger le contexte amĂ©liore lâapparence pendant quelques mois, mais ne rĂšgle pas la cause.
Le feutre pose un problĂšme similaire. Il sâagit dâune couche de racines mortes, de brins coupĂ©s et de dĂ©bris vĂ©gĂ©taux insuffisamment dĂ©composĂ©s. Les graines restent alors suspendues au-dessus du sol au lieu de sây ancrer. Dans ce cas, le regarnissage doit ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© dâun griffage ou dâune scarification lĂ©gĂšre.
Les passages rĂ©pĂ©tĂ©s crĂ©ent une autre forme de dĂ©gradation. Autour de la table extĂ©rieure, du trampoline, du portail ou du chemin vers le potager, la terre se tasse. Lâeau pĂ©nĂštre moins bien, les racines respirent difficilement et les brins disparaissent. Ajouter des graines sans aĂ©rer lĂ©gĂšrement le terrain ne produit quâun rĂ©sultat temporaire.
Sur ces zones, une fourche-bĂȘche utilisĂ©e avec mesure peut crĂ©er des ouvertures sans retourner complĂštement la parcelle. Un griffage de surface suffit parfois. Lorsque le passage est inĂ©vitable, il faut aussi revoir lâamĂ©nagement : quelques pas japonais, une allĂ©e plus large ou un dĂ©placement de jeux rĂ©duisent durablement lâusure.
Ombre, sécheresse et tonte : adapter la réponse au jardin
Sous les arbres, le manque de lumiĂšre nâest quâune partie du problĂšme. Les racines des vĂ©gĂ©taux installĂ©s captent lâeau et les Ă©lĂ©ments nutritifs avant le gazon. Un mĂ©lange spĂ©cial ombre peut aider, mais il ne transforme pas une zone trĂšs sombre sous conifĂšre en pelouse dense. Dans certains endroits, des couvre-sols, des pervenches ou des fougĂšres sont plus cohĂ©rents quâun semis rĂ©pĂ©tĂ© chaque annĂ©e.
Les zones exposĂ©es plein sud demandent une autre stratĂ©gie. PrĂšs dâune façade claire ou dâune terrasse minĂ©rale, le sol peut monter fortement en tempĂ©rature. Un mĂ©lange plus tolĂ©rant Ă la sĂ©cheresse, une tonte Ă 5 ou 6 cm et un lĂ©ger apport de compost mĂ»r sont souvent plus efficaces que des arrosages abondants et ponctuels.
La tonte trop courte est une erreur frĂ©quente. Elle donne un aspect net immĂ©diatement, mais fragilise le couvert vĂ©gĂ©tal. Les racines sont moins protĂ©gĂ©es, la terre se dessĂšche plus vite et les herbes indĂ©sirables trouvent davantage de place. Pour limiter leur progression sans traitement systĂ©matique, il peut ĂȘtre utile de comprendre le rĂŽle dâun dĂ©sherbant sĂ©lectif pour gazon, tout en privilĂ©giant dâabord un sol vivant et une coupe adaptĂ©e.
Un regarnissage durable commence par une question simple : quelle contrainte empĂȘche le gazon existant de tenir Ă cet endroit ?
Préparer le sol avant un sursemis de gazon pour réussir la levée
La qualitĂ© de prĂ©paration conditionne directement la densitĂ© future. MĂȘme de bonnes graines lĂšvent mal si elles tombent sur une couche de mousse, de feutre ou de brins coupĂ©s. Lâobjectif nâest pas de labourer le jardin, mais dâouvrir doucement la surface afin que les semences soient en contact direct avec une terre fine et aĂ©rĂ©e.
Cette Ă©tape peut ĂȘtre menĂ©e sur toute la pelouse ou uniquement sur les zones Ă rĂ©parer. Devant une terrasse, il est inutile de scarifier un jardin entier lorsque seuls quelques mĂštres carrĂ©s sont fatiguĂ©s. Travailler localement limite lâeffort, Ă©vite de perturber les zones saines et rend lâentretien plus raisonnable.
Tondre, griffer et nettoyer sans agresser le terrain
Commencer par une tonte temporairement plus courte, autour de 3 Ă 4 cm, permet de dĂ©gager le sol. Cette coupe nâest pas un modĂšle dâentretien permanent. Elle sert uniquement Ă faciliter le chantier, puis les dĂ©chets doivent ĂȘtre ramassĂ©s afin de laisser passer la lumiĂšre et de ne pas Ă©touffer les futures pousses.
La scarification retire mousse et feutre. Sur une petite surface, un rĂąteau Ă dents rigides ou un scarificateur manuel est gĂ©nĂ©ralement suffisant. Sur un grand jardin, un appareil Ă©lectrique facilite lâopĂ©ration. Le geste doit rester modĂ©rĂ© : il faut inciser les premiers millimĂštres, pas arracher les racines encore vivantes ni mettre la terre Ă nu partout.
AprĂšs le passage de lâoutil, tous les rĂ©sidus doivent ĂȘtre retirĂ©s. Câest une Ă©tape souvent nĂ©gligĂ©e. Laisser les dĂ©bris sur place rĂ©duit lâintĂ©rĂȘt de la scarification et maintient une barriĂšre entre la graine et le sol. Une fois la zone propre, un coup de rĂąteau permet dâĂ©galiser les petites irrĂ©gularitĂ©s.
Améliorer une terre lourde ou pauvre avec mesure
Sur une terre argileuse, compacte et peu drainante, un apport léger de sable de riviÚre associé à du compost mûr peut améliorer la structure. Sur un terrain pauvre, du compost tamisé ou un terreau spécial gazon apporte une matiÚre organique progressive. La couche doit rester fine, entre 0,5 et 1 cm, afin de ne pas enfouir les graines trop profondément.
Le chaulage ne doit pas ĂȘtre automatique. La prĂ©sence de mousse ne prouve pas Ă elle seule que le sol est acide. Un terrain mal drainĂ© ou trĂšs ombragĂ© peut produire le mĂȘme effet. Avant dâajouter de la chaux, il est prĂ©fĂ©rable dâobserver la terre ou de rĂ©aliser un test de pH. Corriger sans diagnostic peut dĂ©sĂ©quilibrer inutilement le jardin.
- Tondre ponctuellement Ă 3 ou 4 cm et ramasser les coupes.
- Griffer ou scarifier sur une faible profondeur.
- Ăvacuer la mousse, le feutre et les dĂ©chets vĂ©gĂ©taux.
- Apporter une fine couche de compost tamisé si le terrain est pauvre.
- Niveler au rùteau sans retourner profondément le sol.
- Semer sur une terre légÚrement humide, jamais détrempée.
Un sol prĂ©parĂ© avec mesure respecte aussi la vie souterraine. Comme dans une rĂ©novation maison, il ne sâagit pas dâajouter des matĂ©riaux sans rĂ©flĂ©chir, mais de comprendre ce qui manque rĂ©ellement. Une couche superficielle aĂ©rĂ©e, nourrie sans excĂšs et protĂ©gĂ©e des tassements donne aux racines des conditions plus stables.
La graine doit toucher la terre, pas une couche de dĂ©bris : cette rĂšgle simple dĂ©cide dâune grande partie du rĂ©sultat.
Semer un gazon de regarnissage dense avec le bon dosage
Le semis demande surtout de la rĂ©gularitĂ©. Une poignĂ©e jetĂ©e au centre dâun trou donne souvent une touffe dense entourĂ©e dâune zone encore vide. Pour retrouver un aspect homogĂšne, il faut mesurer la surface, respecter le dosage et rĂ©partir les graines de maniĂšre croisĂ©e.
Le choix du mĂ©lange compte autant que la technique. Un gazon trĂšs fin et dĂ©coratif peut sembler sĂ©duisant sur lâemballage, mais il rĂ©siste mal aux jeux, aux passages rĂ©pĂ©tĂ©s et aux Ă©tĂ©s secs. Dans un jardin familial, un mĂ©lange rustique ou polyvalent offre souvent une meilleure cohĂ©rence entre densitĂ©, rĂ©sistance et entretien.
Choisir un mĂ©lange adaptĂ© Ă lâexposition et Ă lâusage
Une zone ombragĂ©e bĂ©nĂ©ficie dâun mĂ©lange prĂ©vu pour supporter une luminositĂ© rĂ©duite. Une terre lĂ©gĂšre, exposĂ©e au soleil et au vent, demande des espĂšces plus sobres en eau. Les informations du fabricant restent utiles pour vĂ©rifier les espĂšces prĂ©sentes, la pĂ©riode de semis et la dose conseillĂ©e. Les vieux sacs ouverts depuis plusieurs annĂ©es sont Ă Ă©viter, car leur pouvoir germinatif diminue.
Pour un sursemis classique, il faut compter en gĂ©nĂ©ral 15 Ă 25 g par mĂštre carrĂ©. Sur une plaque trĂšs dĂ©garnie, une dose proche de 25 Ă 30 g/mÂČ peut ĂȘtre retenue. DĂ©passer largement ces quantitĂ©s ne rend pas la pelouse plus solide : les jeunes plants se concurrencent, sâenracinent moins bien et deviennent plus sensibles.
Lucie et Thomas avaient lâhabitude de verser beaucoup de graines au milieu des zones nues. Le rĂ©sultat formait des Ăźlots Ă©pais, peu naturels, avec des espaces vides autour. En divisant la quantitĂ© en deux et en croisant leurs passages, ils ont obtenu une distribution plus rĂ©guliĂšre. La densitĂ© vient dâune implantation Ă©quilibrĂ©e, non dâun excĂšs de semences.
Ratisser, tasser et protéger les graines aprÚs le semis
AprĂšs la rĂ©partition, un passage trĂšs lĂ©ger du rĂąteau suffit Ă faire descendre les graines dans les petites ouvertures du sol. Elles ne doivent pas ĂȘtre enterrĂ©es Ă plus dâun centimĂštre. Une fine pellicule de terreau tamisĂ© peut protĂ©ger la surface du dessĂšchement et limiter les prĂ©lĂšvements par les oiseaux.
Le rouleau fixe les graines contre la terre. Ă dĂ©faut, un tassement doux avec les pieds peut convenir sur une petite surface. LâidĂ©e est de stabiliser le semis, sans compacter brutalement la terre. Un sol trop tassĂ© limite ensuite la circulation de lâair et de lâeau autour des jeunes racines.
Certains jardins gagnent aussi Ă conserver une part de diversitĂ©. Quelques trĂšfles, pĂąquerettes ou plantes basses ne rendent pas forcĂ©ment la pelouse moins agrĂ©able. Le trĂšfle garde une certaine fraĂźcheur lors des pĂ©riodes sĂšches et participe Ă la vie du sol. Il doit ĂȘtre acceptĂ© comme un choix de jardin, non comme le signe dâun entretien nĂ©gligĂ©.
Lorsque le jardin comprend potager, massifs et zones de vie, lâeau doit ĂȘtre rĂ©partie avec cohĂ©rence. Un systĂšme dâarrosage automatique bien pensĂ© peut faciliter le suivi des jeunes semis, Ă condition de rĂ©gler des apports courts et doux plutĂŽt quâun arrosage massif.
Semer correctement consiste Ă rĂ©partir, faire adhĂ©rer et patienter : la prĂ©cision vaut davantage quâune grande quantitĂ© de graines.
Arroser, tondre et protéger le gazon aprÚs le regarnissage
Les semaines qui suivent le semis sont dĂ©cisives. Une pelouse peut sembler rĂ©ussie le jour oĂč les premiĂšres pousses apparaissent, puis disparaĂźtre faute dâhumiditĂ© ou sous lâeffet du piĂ©tinement. Les jeunes brins sont fragiles, avec des racines courtes et une faible capacitĂ© Ă rĂ©sister au soleil, au vent ou aux usages familiaux.
Le premier arrosage doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© juste aprĂšs le tassement. Il se fait en pluie fine, sans jet puissant, pour humidifier la couche superficielle sans dĂ©placer les semences. Ensuite, lâobjectif est simple : maintenir une terre fraĂźche, sans crĂ©er de boue ni de stagnation dâeau.
Maintenir une humidité réguliÚre pendant la levée
Selon la mĂ©tĂ©o, un arrosage lĂ©ger quotidien ou un jour sur deux peut ĂȘtre nĂ©cessaire. Un jardin plein sud, balayĂ© par le vent, sĂšche trĂšs vite. Ă lâinverse, une zone fraĂźche et ombragĂ©e peut demander moins dâeau. Il faut vĂ©rifier le premier centimĂštre de terre : sâil sâĂ©claircit et devient poussiĂ©reux, les graines risquent de manquer dâhumiditĂ©.
La levĂ©e intervient gĂ©nĂ©ralement entre 7 et 21 jours. Cette durĂ©e dĂ©pend du mĂ©lange, de la tempĂ©rature et de lâhumiditĂ©. Certaines espĂšces apparaissent rapidement, dâautres prennent davantage de temps. Il est donc inutile de sâinquiĂ©ter si la surface ne devient pas uniforme durant la premiĂšre semaine.
AprĂšs quatre Ă six semaines, le tapis commence Ă se densifier. Pour une implantation rĂ©ellement solide, il faut souvent deux Ă trois mois. Durant cette pĂ©riode, les jeux dâenfants, les repas de jardin ou le passage dâune tondeuse trop prĂ©coce peuvent casser les jeunes pousses. Un balisage discret ou un dĂ©placement temporaire du mobilier protĂšge efficacement les zones refaites.
Réussir la premiÚre tonte et entretenir durablement
La premiĂšre tonte intervient lorsque les brins atteignent environ 8 Ă 10 cm. La lame doit ĂȘtre propre et affĂ»tĂ©e pour couper nettement sans arracher les jeunes racines. Une hauteur de 6 Ă 7 cm est prudente au dĂ©part. Les tontes suivantes peuvent progressivement revenir vers 5 ou 6 cm selon lâusage du jardin.
Il est prĂ©fĂ©rable de ne jamais retirer plus dâun tiers de la hauteur du brin Ă chaque passage. Une coupe trop sĂ©vĂšre fatigue le vĂ©gĂ©tal et expose le sol. Pendant les pĂ©riodes chaudes, conserver une hauteur lĂ©gĂšrement plus importante limite lâĂ©vaporation et aide le gazon Ă rester vert plus longtemps.
Quatre Ă six semaines aprĂšs lâapparition des pousses, un apport fin de compost tamisĂ© peut accompagner lâenracinement. Les engrais chimiques rapides ne sont pas indispensables. Ils peuvent stimuler brutalement le feuillage sans rĂ©soudre le problĂšme de fond. Une fertilitĂ© progressive, associĂ©e Ă une tonte raisonnable, produit une couverture plus rĂ©sistante aux sĂ©cheresses et aux passages.
Si les trous reviennent toujours au mĂȘme endroit, il faut revenir au diagnostic plutĂŽt que multiplier les semis. Le jardin indique souvent clairement la contrainte : sol compactĂ© prĂšs de la terrasse, ombre sous un arbre, manque dâeau le long dâun mur ou circulation trop intense. Une pelouse dense nâest pas celle qui paraĂźt parfaite quelques semaines, mais celle qui correspond Ă lâusage rĂ©el du lieu.
AprĂšs le semis, la rĂ©gularitĂ© de lâeau et la modĂ©ration des usages font la diffĂ©rence entre une pousse passagĂšre et un gazon installĂ©.
Peut-on semer un gazon de regarnissage sans scarifier ?
Oui, lorsque la pelouse contient peu de mousse et trÚs peu de feutre. Un griffage énergique au rùteau peut alors suffire. Si les débris végétaux forment une couche épaisse, la scarification améliore nettement le contact entre les graines et la terre.
Quelle quantité de graines utiliser pour regarnir une pelouse ?
Comptez gĂ©nĂ©ralement entre 15 et 25 g par mĂštre carrĂ© pour un sursemis. Sur un trou trĂšs marquĂ©, la dose peut approcher 30 g/mÂČ. Il vaut mieux respecter les indications du mĂ©lange choisi plutĂŽt que surcharger la zone.
Pourquoi le gazon de regarnissage ne pousse-t-il pas ?
Les causes frĂ©quentes sont un sol trop froid, un manque d’eau aprĂšs le semis, des graines dĂ©posĂ©es sur la mousse, un enfouissement trop profond, un Ă©pisode de chaleur ou un piĂ©tinement prĂ©coce. Une pluie orageuse peut aussi dĂ©placer les semences.
Faut-il mettre de l’engrais avant un sursemis ?
Ce n’est pas indispensable sur un sol Ă©quilibrĂ©. En terrain pauvre, une fine couche de compost mĂ»r ou de terreau tamisĂ© est souvent suffisante. Un apport organique lĂ©ger plusieurs semaines aprĂšs la levĂ©e est plus prudent qu’un engrais Ă effet rapide.
Que faire si l’herbe ne pousse pas sous les arbres ?
Un mĂ©lange pour l’ombre, une tonte plus haute et le ramassage des feuilles peuvent aider. Si l’ombre est trĂšs dense et que les racines des arbres occupent fortement le sol, des couvre-sols adaptĂ©s seront souvent plus durables qu’une pelouse fragile.


